Vous avez ouvert un PEL pour préparer un achat immobilier, mais vous voulez savoir ce qu’il vous rapportera réellement après impôts. La réponse dépend surtout de sa date d’ouverture, de son ancienneté et de l’année où les intérêts sont perçus. Je détaille ici les taux applicables en 2026, la déclaration des revenus, les conséquences d’un retrait et les cas où ce placement reste pertinent.
Le point essentiel tient à la date d’ouverture du PEL
- Avant 2018, les intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu pendant les 12 premières années.
- Depuis 2018, les intérêts sont imposables dès la première année.
- Pour les intérêts perçus en 2026, le PFU atteint généralement 31,4 %, avec 12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux.
- Un PEL ouvert avant 2018 et âgé de moins de 12 ans conserve une exonération d’impôt sur le revenu.
- Un retrait avant quatre ans entraîne la clôture du plan et peut réduire ou supprimer les droits au prêt.
Le régime fiscal change selon la génération du PEL
La première vérification consiste à retrouver la date exacte d’ouverture du plan. Deux PEL affichant le même taux peuvent avoir une fiscalité très différente simplement parce qu’ils n’ont pas été ouverts à la même période.
| Date et ancienneté du PEL | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux |
|---|---|---|
| Ouvert avant 2018, pendant les 12 premières années | Exonération | Dus selon les règles liées à la date d’ouverture |
| Ouvert avant 2018, au-delà de 12 ans | PFU de 12,8 % ou barème progressif | Dus au taux applicable lors du prélèvement |
| Ouvert depuis 2018 | Imposable dès la première année | Dus chaque année |
Une exception concerne les intérêts des anciens PEL encore exonérés d’impôt sur le revenu pendant leurs 12 premières années. Selon impots.gouv.fr, cette fraction conserve le régime social de 17,2 %. Les intérêts devenus imposables après cette période relèvent, eux, du taux social applicable aux revenus de placement en 2026.
Les anciens PEL restent fiscalement privilégiés
Un PEL ouvert avant le 1er janvier 2018 bénéficie d’une exonération d’impôt sur le revenu jusqu’à la veille de son douzième anniversaire. Cette règle explique pourquoi certains anciens plans restent intéressants malgré un taux de rémunération qui peut sembler modeste.
À partir de la treizième année, les nouveaux intérêts deviennent imposables. Il ne faut donc pas croire que tout le capital accumulé devient taxable d’un seul coup. Seule la part d’intérêts relevant de la période imposable est concernée.
Les PEL ouverts depuis 2018 sont fiscalisés dès le départ
Pour un plan ouvert depuis 2018, les intérêts sont imposables chaque année. La banque prélève généralement 12,8 % à titre d’acompte d’impôt et les prélèvements sociaux correspondants, puis les montants sont repris dans la déclaration de revenus.
La prime d’État a également été supprimée pour les PEL ouverts depuis 2018. Pour un ancien plan, une prime peut encore exister sous certaines conditions, notamment en cas d’utilisation des droits à prêt, mais elle ne doit pas être confondue avec les intérêts annuels.
Quel rendement reste-t-il après les prélèvements en 2026
Le taux affiché par la banque est un taux brut. Pour mesurer l’intérêt réel du placement, je recommande de refaire le calcul après fiscalité, surtout pour les PEL récents.
Un PEL ouvert à partir du 1er janvier 2026 rémunère l’épargne à 2 % brut. Avec 10 000 euros placés pendant une année complète, cela représente environ 200 euros d’intérêts bruts, avant application des prélèvements.
| Intérêts bruts | Fiscalité appliquée | Intérêts nets estimés |
|---|---|---|
| 200 € perçus en 2025 | 30 %, soit 60 € | 140 € |
| 200 € perçus en 2026 | 31,4 %, soit 62,80 € | 137,20 € |
Le rendement net théorique d’un PEL récent ouvert en 2026 ressort donc autour de 1,37 %, hors évolution de la réglementation. Ce calcul reste indicatif, car les intérêts sont capitalisés chaque année et le solde du plan varie avec les versements.
Pour un contribuable non imposable ou situé dans la tranche à 11 %, l’option pour le barème progressif peut être plus favorable que le taux forfaitaire de 12,8 % sur la partie impôt. En revanche, cette option concerne l’ensemble des revenus mobiliers, et pas uniquement les intérêts du PEL.Comment déclarer les intérêts et choisir le bon mode d’imposition
La banque remet normalement un relevé fiscal annuel, souvent appelé IFU. Les intérêts imposables sont en principe préremplis dans la déclaration, généralement en case 2TR, tandis que l’acompte déjà prélevé apparaît en case 2CK. Je conseille de comparer ces montants avec le relevé bancaire avant de valider la déclaration.
Pour les intérêts perçus en 2026, la déclaration correspondante sera déposée en 2027. Les intérêts d’un ancien PEL de moins de 12 ans ne doivent pas être déclarés au titre de l’impôt sur le revenu lorsqu’ils sont exonérés.
Le PFU s’applique par défaut
Le prélèvement forfaitaire unique comprend deux éléments. Le premier est l’impôt sur le revenu au taux de 12,8 %. Le second correspond aux prélèvements sociaux, généralement fixés à 18,6 % pour les produits perçus en 2026.Le prélèvement de 12,8 % effectué par la banque n’est pas toujours l’impôt définitif. Il s’agit d’un acompte qui sera imputé sur l’impôt calculé lors de la déclaration. Si l’acompte dépasse l’impôt réellement dû, la différence peut être restituée.
L’option pour le barème progressif demande de la prudence
Vous pouvez choisir le barème progressif en cochant la case 2OP. Cette option peut avoir du sens si vous êtes non imposable ou si votre tranche marginale d’imposition est de 11 %. Elle devient généralement moins intéressante à partir d’une tranche de 30 %, puisque les intérêts seraient alors taxés à un taux supérieur au forfait de 12,8 % pour l’impôt sur le revenu.
Le choix ne se limite toutefois pas au PEL. Il s’applique globalement aux revenus mobiliers et aux plus-values concernées. Une simulation de l’ensemble du foyer fiscal est donc plus fiable qu’un calcul limité aux seuls intérêts du plan.
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Peut-on éviter l’acompte de 12,8 %
Sous conditions de revenus, il est possible de demander une dispense du prélèvement forfaitaire non libératoire. Pour les intérêts perçus en 2026, le revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année doit notamment être inférieur à 25 000 euros pour une personne seule ou 50 000 euros pour un couple soumis à imposition commune.
Cette dispense évite une avance de trésorerie, mais elle ne supprime pas l’impôt final. La demande doit être adressée à la banque dans le délai prévu, en pratique avant le 30 novembre de l’année précédant le versement des intérêts.
Que se passe-t-il en cas de retrait ou de clôture
La clôture d’un PEL ne crée pas un impôt particulier sur les sommes que vous avez versées. Le capital reste votre épargne. La fiscalité porte sur les intérêts acquis et, pour certains anciens plans, sur les prélèvements sociaux qui n’avaient pas encore été prélevés.
Le calendrier social varie selon la date d’ouverture. Pour un PEL ouvert avant le 1er mars 2011, les prélèvements sociaux des dix premières années sont généralement prélevés au dixième anniversaire ou à la clôture si elle intervient plus tôt. À partir de la onzième année, ils sont prélevés chaque année. Pour les plans ouverts depuis mars 2011, ils sont dus chaque année sur les intérêts inscrits.
| Moment du retrait | Conséquence principale |
|---|---|
| Avant 2 ans | Clôture, perte du droit au prêt et rémunération recalculée au taux du CEL en vigueur à la clôture |
| Entre 2 et 3 ans | Clôture et perte du droit au prêt, mais conservation du taux de rémunération du PEL |
| Entre 3 et 4 ans | Clôture, avec réduction possible du montant maximal du prêt |
| Après 4 ans | Retrait sans pénalité spécifique liée à l’ancienneté |
Un retrait anticipé peut donc coûter davantage en droits immobiliers qu’en impôt. C’est une confusion fréquente. Si vous pensez utiliser le prêt épargne logement, je déconseille de fermer le plan pour une dépense ponctuelle avant d’avoir vérifié ses droits acquis.
La fiscalité suffit-elle à justifier la conservation du PEL
Un PEL doit être évalué comme un ensemble composé d’un rendement, d’une durée de blocage pratique et d’un éventuel droit à prêt. Son plafond de versements est de 61 200 euros, les versements doivent atteindre au moins 540 euros par an et tout retrait entraîne la clôture du plan.
Pour un PEL ouvert en 2026, le taux du prêt épargne logement est fixé à 3,20 %, avec un montant maximal théorique de 92 000 euros. Ce taux peut devenir intéressant si les conditions de crédit immobilier se dégradent, mais le montant effectivement accessible dépend des intérêts acquis et de la durée du prêt.
À mes yeux, le PEL récent est surtout pertinent dans trois situations. Il peut servir à sécuriser un taux de prêt connu à l’avance, à imposer une épargne régulière pour un projet immobilier ou à conserver un placement garanti lorsque l’épargnant accepte une disponibilité limitée.
Il est moins convaincant si vous cherchez une épargne de précaution immédiatement disponible. Dans ce cas, la clôture d’un PEL récent peut annuler son intérêt immobilier, tandis qu’un produit liquide répond mieux au besoin. La fiscalité favorable ne compense pas toujours le manque de souplesse.
Le bon réflexe avant de prendre une décision sur votre PEL
Commencez par noter la date d’ouverture, l’âge exact du plan, le taux garanti et le montant des intérêts déjà acquis. Vérifiez ensuite le relevé fiscal de la banque et distinguez bien les intérêts exonérés, les intérêts imposables et les prélèvements sociaux déjà payés.
En 2026, le point de vigilance principal est le passage général des prélèvements sociaux à 18,6 % pour les revenus de placement, avec des exceptions liées notamment aux anciens produits. Pour un choix entre PFU, barème progressif, conservation ou clôture, une simulation à partir de votre tranche d’imposition et de votre projet immobilier reste le moyen le plus sûr d’éviter une décision fondée uniquement sur le taux brut affiché.